Magdala

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Magdala en Galilée est un site archéologique au carrefour des histoires juive et chrétienne
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ISRAËL
Description:

Situation géographique de Magdala en Galilée

 Le site de Magdala est situé au nord-est d’Israël, sur la côte septentrionale du lac de Tibériade également appelé mer de Galilée. A 5 kilomètres de la ville de Tibériade, Magdala se situe en contre-bas des falaises d’Arbel. Magdala est associée, chez les chrétiens, à l’un des principaux personnages féminins du Nouveau Testament : Marie de Magdala ou Marie la magdaléenne.

 

Histoire de la ville

Magdala, également appelée en grec Tarichea, est devenue une ville importante à l’époque hellénistique. Sa situation géographique était stratégique, le long d’une route commerciale importante entre les deux bords du lac de Tibériade. La ville a prospéré grâce à ses sources d’eau, des terres fertiles et un port de pêche.

La ville s’est particulièrement développée au début de la période romaine. Après l’établissement de la ville de Tibériade en 18 ou 20 de notre ère, dédiée à l’empereur romain Tibère, l’importance de Magdala décline.

Lorsque la révolte juive (66-70 de notre ère) éclate, Magdala est fortifiée et se prépare à l’attaque des romains. Après une grande bataille navale, la ville tombe en 67 aux mains des légions romaines, légions qui détruisent le Temple de Jérusalem 3 ans plus tard. La ville perd de son importance et devient un village de pêcheurs.

 

Découvertes archéologiques

Le site archéologique de Magdala a été identifié par les chercheurs comme étant la ville de Migdal (signifiant « la tour »).

Elle est citée à plusieurs reprises sous différents noms dans les Talmud de Babylone et de Jérusalem : Migdal Nunaya (“tour des poissons”) et Migdal Sebayah (“tour des teinturiers”). Son nom grec “Tarichae” a été identifié par les archéologues grâce aux écrits de Flavius Josèphe. Il a ainsi pu être établi que la ville de Magdala (Migdal) et de Tarichae ne sont qu’une seule et même ville juive.

Selon les résultats de différentes fouilles réalisées par la Custodie franciscaine dans les années 70, Magdala a été un important port de pêche sur la rive nord du lac de Tibériade. En effet, les vestiges d’un port antique avec un phare ont été découverts. Un immense marché confirme la réputation de la ville pour ses importantes conserveries de poissons d’eau douce à l’époque romaine-byzantine.

De plus, un très grand monastère byzantin a été découvert : il mesure 100 mètres de long sur 33 mètres de large. Il a été détruit au VIIème siècle lors des invasions perses et arabes et a été reconstruit par les croisés (XIIème siècle). L’entrée du monastère s’ouvrait sur une cour carrée de 19 mètres de côté : le complexe était exceptionnellement grand.

Plus tard en 2009, de nouvelles fouilles archéologiques ont été entreprises sur le site de Magdala. Elles ont permis de mettre à jour l’une des 7 synagogues découvertes dans le pays datant de la période du Second Temple. A cette époque, les synagogues étaient très peu nombreuses : elles étaient utilisées comme lieux de rassemblements et d’étude mais la prière se faisait au Temple de Jérusalem. Cette synagogue très particulière ainsi que l’ensemble du site archéologique et moderne de Magdala sont parmi les lieux les plus visités de la région.

 

Magdala et Marie-Madeleine dans les évangiles

La cité de Magdala serait le lieu d’origine de Marie-Madeleine, celle qui est évoquée dans les évangiles sous le nom de Marie de Magdala ou Marie la Magdaléenne. Ce personnage clé de la vie et de la mort de Jésus est d’abord présentée dans l’évangile selon Luc comme celle que le seigneur délivra de sept démons : « avec certaines femmes, qui avaient été guéries des mauvais esprits et des infirmités : Marie appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons » (Luc, chap 8, v2).

Souvent assimilée à la femme de mœurs légères que le Christ sauva de la lapidation, Marie de Magdala fit ensuite partie des femmes qui restèrent au pied de la croix après la fuite des disciples. Le troisième jour après la crucifixion, c’est également Marie de Magdala qui se rend au tombeau du Christ et qui rencontre un ange : « Quand à vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, celui a été crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où le Seigneur était couché et allez vite dire à ses disciples qu’il est ressuscité. Il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit ». (Matthieu, chap 28, v 1-7).

Et c’est à elle que Jésus apparut en premier après sa résurrection : « Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : « Je vous salue ». Elles s’approchèrent, s’agrippèrent à ses pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « N’ayez pas peur ! Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (Matthieu, chap 28, 9-10).  Elle fut ainsi la première messagère de la Résurrection du Christ, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom « d’apôtre des apôtres ».

 

La visite de Magdala

Dans l’actuelle Migdal, on peut visiter les ruines de l’antique cité portuaire de Magdala, avec ce qui reste de la tour et du marché aux poissons. On peut visiter les vestiges du monastère byzantin et voir de nombreux bains rituels juifs (mikvaot). Ils étaient reliés entre eux avec la particularité d’utiliser de l’eau souterraine et non de l’eau de source ou de pluie comme c’est le cas le plus souvent.

La synagogue découverte en 2009 date de l’époque romaine et a détruite au milieu du 1ersiècle. Elle est composée de deux grandes pièces dont le sol est à base de terre et de craie écrasée. Il y a également des mosaïques à motifs géométriques. Autour de la salle de lecture se trouvent des bancs en pierre. Au centre de la pièce les archéologues ont découvert un bloc carré de calcaire. Il était peut-être utilisé comme base d’une table ou d’une chaise.

Une pierre rectangulaire que les archéologues ont nommé la pierre de Magdala a été trouvée dans la pièce. Elle mesure 60 centimètres de long sur 50 centimètres de large et repose sur des petits pieds.

Plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’utilisation de cette pierre, notamment l’idée qu’elle servait à la lecture de la Torah. Elle comporte plusieurs symboles sculptés, notamment une ménorah (chandelier à 7 branches). C’est la plus vieille représentation de ce symbole dans une synagogue, symbole adopté plus tard comme symbole juif.

Un centre spirituel a été construit dans la partie nord du site. Appelé « Duc in Altum » (sorti des profondeurs), il comporte plusieurs chapelles dont la plus grande est la « chapelle du bateau ». Son autel a la forme d’une barque, symbolisant Jésus prêchant depuis une barque. Le Pape François a visité cette chapelle lors de sa visite en Terre Sainte en 2014.

Riche en symboles, une visite de la cité où a vécu Marie de Magdala permet de percevoir toute la dimension historique et religieuse de ce lieu qui accueille aujourd’hui des visiteurs de toute confession.

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